
Le ventre qui se serre, le bas du dos qui tire, parfois une migraine qui s’invite au rendez-vous… Pour beaucoup de femmes, les règles riment avec douleur, mois après mois. Et trop souvent, on nous a appris à serrer les dents en se disant que « c’est normal ».
Dans cet article, je ne parle pas de tous les inconforts du syndrome prémenstruel : on se concentre sur les douleurs associées au cycle, les crampes et les migraines. Je te partage ce qui aide vraiment, selon la recherche, mon expérience et la tradition : la chaleur, le mouvement, l’alimentation et mes plantes alliées, comme le pimbina, le framboisier et la grande camomille. 🌸
Pourquoi les règles font-elles mal?
Au moment des règles, la muqueuse de l’utérus libère des substances appelées prostaglandines. Elles provoquent des contractions de l’utérus pour aider à évacuer la muqueuse. Quand elles sont produites en grande quantité, les contractions deviennent plus fortes, le sang circule moins bien dans le muscle utérin… et c’est la crampe. Les prostaglandines peuvent aussi passer dans la circulation et causer des maux de tête, des nausées ou des selles plus molles.
On parle de dysménorrhée primaire quand la douleur n’est pas causée par une maladie. Elle commence généralement dans les premières années après les premières règles et dure surtout les deux ou trois premiers jours du cycle. C’est très fréquent, mais fréquent ne veut pas dire que tu dois l’endurer sans rien faire.
L’hygiène de vie : les bases qui changent tout
La chaleur, ta meilleure amie
Ce n’est pas qu’un remède de grand-mère! Une méta-analyse publiée en 2018 a conclu que la chaleur appliquée sur le bas-ventre (bouillotte, coussin chauffant, sac magique) soulage les douleurs menstruelles, avec une efficacité qui pourrait se comparer à celle de certains anti-inflammatoires. La chaleur détend le muscle utérin et améliore la circulation. Un bain chaud ou une douche chaude sur le bas du dos fonctionnent aussi.
Bouger, tout au long du cycle
Selon une revue Cochrane de 2019, l’exercice régulier pourrait réduire de façon importante l’intensité des douleurs menstruelles. Dans la plupart des études, les femmes bougeaient environ 45 à 60 minutes, trois fois par semaine, tout au long du cycle, pas seulement pendant les règles. Le yoga, les étirements, la marche rapide ou la danse : choisis ce qui te fait du bien. Pendant les jours plus difficiles, des étirements doux et des postures comme la posture de l’enfant suffisent. Mais je peux comprendre que parfois, cela peut être vraiment difficile.
Le massage du ventre
Masser doucement le bas-ventre dans le sens des aiguilles d’une montre, avec une huile tiède, aide à relâcher les tensions. C’est aussi un beau moment de douceur envers ton corps, ce qui n’est pas rien. On pourrait y appliquer des huiles essentielles pour aider à soulager (lavande vraie, sauge sclarée, camomille romaine, marjolaine à coquille), toujours diluer dans une huile neutre (olive, amande, tournesol).
Le repos et la gestion du stress
Le stress et le manque de sommeil rendent le corps plus sensible à la douleur. Pendant les premiers jours de tes règles, si c’est possible, ralentis un peu : couche-toi plus tôt, garde des plages plus calmes à ton horaire et respire profondément par le ventre quand une crampe arrive.
L’alimentation : calmer l’inflammation de l’intérieur
Comme les prostaglandines sont au cœur des crampes, on cherche à favoriser une alimentation qui calme l’inflammation, surtout dans les semaines avant les règles.
- Les bons gras (oméga-3) : poissons gras (saumon, maquereau, sardines), graines de lin moulues, graines de chia, noix de Grenoble. Ils aident le corps à produire des messagers moins inflammatoires.
- Le magnésium, le minéral de la détente musculaire : légumes verts feuillus, graines de citrouille, légumineuses, amandes, céréales entières… et un carré de chocolat noir! Priorise le magnésium bisglycinate.
- Les légumes, les fruits et les fibres : ils nourrissent ton microbiote et aident à éliminer les hormones en surplus.
- Les épices réchauffantes : gingembre, cannelle, curcuma, à intégrer généreusement dans tes plats et tes tisanes.
- Moins de produits ultra-transformés, de sucre et d’alcool, surtout dans les jours qui précèdent les règles.
- Bien s’hydrater, idéalement avec des boissons chaudes : eau tiède, bouillons, tisanes.
Le gingembre, mention spéciale! Une méta-analyse publiée en 2015 a observé que la poudre de gingembre (de 750 à 2000 mg par jour, pendant les trois ou quatre premiers jours des règles) réduisait les douleurs menstruelles. En cuisine, une bonne tisane de gingembre frais râpé, infusé 10 minutes à couvert, est simple et réconfortante.
Et les suppléments? certains semblent prometteurs, mais les études sont encore petites et de qualité limitée. Avant d’en ajouter, parles-en avec ton professionnel de la santé.
Mes plantes alliées pour les douleurs du cycle

Voici les plantes que je recommande le plus souvent. Comme toujours, je privilégie la plante entière, en teinture ou en tisane, avec le bon solvant pour chacune (je t’explique pourquoi dans mon article Herboristerie ou actif isolé).
Le pimbina, pour les crampes qui plient en deux

Le pimbina (Viburnum), un arbuste bien de chez nous, porte en anglais le surnom de cramp bark, « l’écorce des crampes ». Son écorce est utilisée traditionnellement comme antispasmodique : elle aide à relâcher les muscles lisses, dont ceux de l’utérus. Les médecins éclectiques américains l’employaient déjà au 19e siècle pour les règles douloureuses. Les études modernes sont rares, mais c’est une plante de référence en herboristerie pour les crampes, et aussi pour les douleurs d’ovulation. C’est surtout une de mes préférées, que j’apporte toujours avec moi.
On le prend dès les premiers signes de crampes, en petites doses répétées au besoin. Découvre mon concentré de pimbina. Précautions : comme il contient des composés apparentés aux salicylates, évite si tu prends des anticoagulants ou si tu es allergique à l’aspirine, ainsi que pendant la grossesse.
Le framboisier, le tonique de fond

La feuille de framboisier est le grand classique des herboristes pour la santé de l’utérus. Considérée comme un tonique utérin, riche en minéraux et en tanins, elle se prend plutôt tout au long du cycle, en cure de quelques mois, pour aider l’utérus à travailler de façon plus harmonieuse. C’est donc une plante de fond, plutôt qu’un soulagement immédiat.
En tisane quotidienne ou en concentré de feuilles de framboisier, que je prépare dans le vinaigre de cidre de pomme (sans alcool!). À éviter pendant la grossesse, sauf avec le suivi d’un professionnel.
La grande camomille, pour les migraines du cycle

Plusieurs femmes voient leurs migraines revenir à chaque cycle, souvent juste avant ou au début des règles. La grande camomille (Tanacetum parthenium) est utilisée depuis longtemps pour prévenir les migraines. Selon une revue Cochrane de 2015, elle pourrait réduire légèrement la fréquence des crises, avec peu d’effets indésirables, mais d’autres études seraient nécessaires pour le confirmer.
Attention : c’est une plante de prévention, à prendre de façon régulière pendant plusieurs semaines, et non au moment où la migraine éclate. J’ai eu de beaux résultats avec des clientes lorsqu’on l’a pris sur plus de 4-6 semaines. Découvre mon concentré de grande camomille. Précautions : à éviter pendant la grossesse et l’allaitement, en cas d’allergie aux Astéracées (marguerite, pissenlit, herbe à poux…) ou si tu prends des anticoagulants. Si tu la prends depuis longtemps, cesse-la progressivement.
D’autres belles alliées
- L’achillée millefeuille : antispasmodique et régulatrice du cycle, en tisane. Je l’offre en sommités fleuries séchées. Prudence en cas d’allergie aux Astéracées et pendant la grossesse.
- La mélisse : parfaite quand les crampes s’accompagnent de nervosité ou de ventre noué. Voir mon concentré de mélisse.
- La camomille allemande : douce et antispasmodique, en tisane bien chaude.
- Le gingembre frais, en tisane, pour son effet réchauffant et anti-inflammatoire.
Pour un rituel tout en douceur au fil du mois, ma tisane Féminité réunit des plantes cultivées dans nos jardins, pensées pour accompagner les cycles féminins.
Ma proposition de routine au fil du cycle
- Tout au long du cycle : du mouvement trois fois par semaine, des bons gras et des légumes au menu, une tisane de framboisier au quotidien.
- Si tu as des migraines liées au cycle : la grande camomille en prévention, de façon régulière.
- Quelques jours avant les règles : on augmente les tisanes chaudes et le gingembre, on réduit le sucre, l’alcool et les produits ultra-transformés, et on se garde du temps de repos.
- Pendant les règles : la bouillotte, des étirements doux, un massage du ventre, et le pimbina dès les premiers signes de crampes.
Donne-toi deux ou trois cycles pour voir une différence : le corps a besoin d’un peu de temps pour retrouver son équilibre. Et si tu veux un accompagnement adapté à ta situation, je t’invite à réserver une consultation. 💛
Quand consulter?
Une dernière chose importante. Des douleurs menstruelles intenses peuvent parfois cacher un problème comme l’endométriose ou des fibromes, qui prennent souvent des années à être diagnostiqués. Consulte un professionnel de la santé si :
- la douleur t’empêche d’aller à l’école, au travail ou de faire tes activités, même avec des antidouleurs;
- elle augmente d’année en année, ou elle est apparue tardivement (après 25 ans);
- tu as mal pendant les relations sexuelles, en allant à la selle ou en urinant;
- tes règles sont très abondantes, ou tu saignes entre tes règles;
- la douleur s’accompagne de fièvre ou de pertes inhabituelles.
Les plantes et l’hygiène de vie peuvent t’accompagner, mais elles ne remplacent pas un diagnostic.
Et toi?
Quel est ton meilleur truc pour traverser les journées plus difficiles du cycle? La bouillotte, une tisane fétiche, un peu de yoga? Partage-le dans les commentaires, ça pourrait aider une autre femme!
Questions fréquentes
Le pimbina est la plante de référence en herboristerie pour les crampes, grâce à son action antispasmodique. On le prend dès les premiers signes de douleur. La feuille de framboisier s’utilise plutôt tout au long du cycle comme tonique utérin.
Oui. Une méta-analyse de 2018 a conclu que la chaleur appliquée sur le bas-ventre soulage les douleurs menstruelles, avec une efficacité qui pourrait se comparer à celle de certains anti-inflammatoires.
Selon une revue Cochrane de 2019, l’exercice régulier, environ 45 à 60 minutes trois fois par semaine tout au long du cycle, pourrait réduire de façon importante l’intensité des douleurs.
La grande camomille est traditionnellement utilisée pour prévenir les migraines, et une revue Cochrane suggère qu’elle pourrait en réduire légèrement la fréquence. Elle se prend en prévention, de façon régulière, et elle est contre-indiquée pendant la grossesse et en cas d’allergie aux Astéracées.
Les aliments riches en oméga-3 (poissons gras, graines de lin), en magnésium (légumes verts, graines de citrouille, légumineuses) et les épices comme le gingembre. On réduit aussi le sucre, l’alcool et les produits ultra-transformés avant les règles.
Si la douleur t’empêche de faire tes activités malgré les antidouleurs, si elle augmente avec les années, si tu as mal pendant les relations sexuelles ou si tes règles sont très abondantes. Ces signes peuvent indiquer une endométriose ou un autre problème à faire évaluer.
Sources
- Armour M et coll. (2019). Exercise for dysmenorrhoea. Cochrane.
- Jo J, Lee SH. (2018). Heat therapy for primary dysmenorrhea: A systematic review and meta-analysis of its effects on pain relief and quality of life. Scientific Reports.
- Daily JW et coll. (2015). Efficacy of ginger for alleviating the symptoms of primary dysmenorrhea: a systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials. Pain Medicine.
- Pattanittum P et coll. (2016). Dietary supplements for dysmenorrhoea. Cochrane.
- Wider B et coll. (2015). La grande camomille pour prévenir la migraine. Cochrane.
- On the Use of Viburnum Opulus in Dysmenorrhœa and Uterine Pain (article historique).
- Manuel MSD (version grand public). Crampes menstruelles.
Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de la santé.

